Fin septembre, l’eau manque toujours. Les sols, les écosystèmes, les animaux et l’agriculture en subissent les conséquences. Et cet été n’a fait que renforcer une réalité déjà connue ; les épisodes de chaleur et de sécheresse deviennent un enjeu concret pour la population. Plus de trois quarts des personnes interrogées ont vécu l’été 2026 comme pénible et estiment qu’il est urgent d’agir pour protéger le climat.
Face à cette situation, des réponses politiques existent déjà. Elles restent toutefois principalement centrées sur l’urgence et le court terme. Pour le WWF, il faut désormais s’attaquer aux causes et renforcer durablement la capacité de la Suisse à faire face aux dérèglements climatiques.
Quatre priorités pour une Suisse plus résistante :
1. Réduire les émissions, tout en protégeant la population
Se préparer aux conséquences du changement climatique est nécessaire, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les moyens financiers doivent donc suivre. Aujourd’hui, 127 milliards de dollars sont investis depuis la Suisse dans des activités liées aux énergies fossiles, contre environ 2,6 milliards de francs consacrés à la protection du climat et de la biodiversité. Pour le WWF, l’effort doit être rééquilibré.
2. Faire de la nature un réservoir d’eau
Face à la sécheresse, la nature peut jouer un rôle essentiel : retenir l’eau plutôt que la laisser disparaître rapidement. Tourbières et zones humides à restaurer, cours d’eau à revitaliser, sols à enrichir en humus, paysages capables d’absorber l’eau, etc… Ces solutions permettent de mieux conserver cette ressource précieuse et de renforcer la résilience des écosystèmes.
3. Ne pas affaiblir les outils qui permettent d’agir
Alors que les événements climatiques extrêmes se multiplient, certaines décisions budgétaires vont dans la mauvaise direction. Le WWF demande notamment de revoir à la hausse le budget de SuisseEnergie, afin de continuer à accompagner les acteurs concernés dans leur transition énergétique et leur adaptation aux fortes chaleurs. Réduire les moyens consacrés au climat, à la nature et à l’eau risque de compliquer davantage les réponses de demain.
4. Donner à l’agriculture les moyens de s’adapter
L’agriculture est directement exposée aux conséquences du changement climatique, notamment au manque d’eau et aux fortes chaleurs. Pour anticiper ces changements, il faut favoriser des pratiques adaptées aux conditions locales, préserver la fertilité des sols et laisser davantage de place à la nature dans les surfaces agricoles. La prochaine Politique agricole doit ainsi créer les conditions permettant de produire avec moins d’eau et moins de pression sur l’environnement.
En conclusion, la sécheresse de 2026 ne doit pas être traitée comme un épisode isolé. Elle rappelle l’importance de préparer dès maintenant la Suisse aux conditions climatiques de demain. Protéger la population, préserver les ressources naturelles et donner à l’agriculture les moyens de s’adapter. C’est en agissant sur ces différents fronts que la Suisse pourra renforcer durablement sa résilience.
Davantage d’informations sur le site du WWF ici.