Lancée en février 2024, l’initiative populaire intitulée « Pour une politique énergétique et climatique équitable : investir pour la prospérité, le travail et l’environnement » visait à demander davantage d’efforts à la Suisse en matière de politique climatique. Selon le comité d’initiative – composé notamment du Parti socialiste, des Verts et de syndicats comme Unia et l’USS –, les efforts actuels du pays pour lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences sociales, écologiques et économiques sont encore loin d’être suffisants.
Dans cette logique, l’idée était donc de créer un fonds dédié à la transition écologique, alimenté chaque année à hauteur de 0,5 % à 1 % du PIB (soit 4 à 8 milliards de francs suisses). Ce fonds aurait servi à financer différentes mesures liées à la transition énergétique et climatique, comme la rénovation des bâtiments, le développement des énergies renouvelables, le soutien à l’innovation ou encore un accompagnement des travailleurs dans les secteurs concernés.
Pour les initiants, le message était clair : « ce fonds n’est pas une dépense, mais un investissement productif ».
Malgré ces arguments, la majorité des électeurs n’a pas été convaincue.
L’un des principaux reproches adressés à l’initiative concerne le coût et le mécanisme de financement. Les montants envisagés (plusieurs milliards par an) auraient été importants et non soumis au frein à l’endettement. Pour les opposants, cela ouvrait la porte à une hausse des dépenses publiques difficile à maîtriser, avec un risque d’augmentation des impôts ou de la TVA.
Une autre critique concerne le manque de précision sur l’utilisation du fonds. Certains estimaient que les critères et les priorités d’investissement restaient trop flous.
Enfin, beaucoup ont souligné que la Suisse dispose déjà de plusieurs instruments pour lutter contre le changement climatique, notamment :
Pour une partie de l’électorat, créer un nouveau fonds risquait donc de faire doublon avec des politiques déjà existantes. Sans compter que la Suisse investit déjà près de 2 milliards de francs pour le climat et l’énergie, ainsi que près de 600 millions pour la biodiversité.
Au final, ce vote montre surtout une chose : si la population suisse reconnaît l’importance de la lutte contre le changement climatique, elle reste prudente face à de nouveaux mécanismes de financement publics, surtout lorsqu’ils impliquent des montants aussi importants.
Pour en découvrir plus sur cette votation :
FF 2025 2888 – Arrêté fédéral concernant l’initiative populaire «Pour une politique énergétique et …
L’initiative pour un fonds climat est clairement rejetée – SWI swissinfo.ch