À Gaza, l’huile moteur devient une question de survie

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À Gaza, les autorités israéliennes utilisent différentes méthodes qui contribuent à rendre la vie quotidienne de la population palestinienne toujours plus difficile. Parmi elles figure une « politique d’usure délibérée », fondée sur la multiplication et l’aggravation des pénuries afin de fragiliser progressivement les conditions de vie de la population.

Cette politique ne se contente pas de retarder l’acheminement de l’aide ; elle fragilise les systèmes dont dépendent les populations pour survivre. L’accès à la nourriture, aux soins, à l’eau potable, aux transports et à de nombreux autres biens et services essentiels est ainsi directement affecté. Médecins Sans Frontières estime que ces restrictions coupent progressivement l’accès aux biens et services vitaux.

 

Un bien en apparence banal illustre particulièrement bien cette situation : l’huile moteur.

 

À Gaza, les hôpitaux dépendent largement de générateurs pour fonctionner, alors que l’approvisionnement en électricité a été presque totalement interrompu et qu’une grande partie des infrastructures électriques a été détruite. Sans huile moteur, ces générateurs risquent de tomber en panne, menaçant directement les blocs opératoires, les équipements médicaux, les systèmes d’oxygène ou encore les couveuses pour nouveau-nés. La rareté du produit entraîne également une explosion de son prix, ce qui le rend encore plus difficilement accessible. Fin juillet, un litre d’huile moteur pouvait coûter 1’300 dollars américains.

 

Le problème dépasse largement le secteur médical. Les camions qui acheminent l’eau potable, les ambulances, les véhicules transportant des fournitures humanitaires ainsi que les boulangeries et les minoteries dépendent eux aussi de moteurs et de générateurs. La pénurie d’huile moteur peut donc également affecter l’accès à l’eau et la production alimentaire.

 

Les conséquences sont déjà concrètes. L’un des générateurs du centre de dessalement d’eau de MSF a été endommagé en raison du manque d’huile moteur et de pièces de rechange. Depuis juin, MSF a dû réduire son utilisation de 12 à 7 heures par jour. La production d’eau potable est ainsi passée de 600 000 à 350 000 litres par jour, privant environ 40 000 personnes de l’eau qui leur était auparavant fournie quotidiennement.

 

Les conséquences touchent directement les soins. Le 5 août dernier, un groupe électrogène de l’hôpital de campagne de MSF à Deir Al Balah est tombé en panne. Les équipes ont dû utiliser un générateur de secours plus petit et rationner fortement l’électricité. Le bloc opératoire n’a alors pu fonctionner que pour les patients dans un état critique, tandis que la stérilisation du matériel médical et les services de radiologie ont été interrompus.

 

Et l’huile moteur n’est qu’un exemple parmi d’autres. MSF rapporte que les restrictions empêchent également l’entrée de générateurs, de véhicules et de nombreux produits de première nécessité. Les pénuries finissent ainsi par toucher pratiquement tous les aspects de la vie à Gaza.

 

À Gaza, la pénurie n’est donc pas seulement une absence de produits. Elle fragilise progressivement les systèmes indispensables à la survie de la population. Un bien aussi banal qu’un litre d’huile moteur peut ainsi devenir une question de vie ou de mort.

 

Pour en savoir plus, l’article complet de MSF est disponible ici.