En cancérologie, ce biais a des conséquences bien réelles : femmes et hommes ne réagissent pas de la même manière aux traitements et ne présentent pas non plus le même risque de développer un cancer.
Aujourd’hui, alors que les options thérapeutiques se multiplient, une question essentielle s’impose : à traitement égal, les effets peuvent-ils varier selon le sexe biologique ? De nombreuses études confirment cette hypothèse. Les hommes sont globalement plus touchés par le cancer que les femmes. À l’inverse, ces dernières présentent davantage d’effets secondaires lors des traitements, et ce malgré des dosages calculés avec précision pour chaque patient.
Mais comment expliquer ces différences ?
Comme évoqué précédemment, la majorité des études et essais cliniques ont longtemps été menés principalement sur des patients de sexe biologique masculin. Une partie de l’explication réside notamment dans la génétique. Les gènes dits « suppresseurs de tumeurs » se situent sur le chromosome X. Les femmes, qui possèdent deux chromosomes X, disposent ainsi d’une forme de « copie de secours » en cas de défaillance d’un gène. Ce mécanisme pourrait en partie expliquer pourquoi elles développent moins certains types de cancers que les hommes.
D’autres facteurs biologiques interviennent également. En moyenne, les femmes présentent une masse grasse plus importante, tandis que les hommes ont davantage de masse musculaire. Cette différence influence la façon dont les médicaments sont absorbés, distribués et éliminés par l’organisme. Conséquence : certaines chimiothérapies restent plus longtemps dans le corps des femmes, ce qui peut augmenter leur efficacité, mais aussi le risque d’effets secondaires. Le système immunitaire joue lui aussi un rôle clé : plus réactif chez les femmes, il peut offrir une meilleure protection contre le cancer, tout en favorisant certaines réactions indésirables.
Le développement de dosages spécifiquement adaptés au sexe biologique est actuellement en cours. Il s’agit toutefois d’un travail complexe, car la marge entre une dose efficace et une dose toxique est souvent très étroite. De plus, les données disponibles restent limitées, les essais cliniques existants ayant été majoritairement réalisés sur des hommes.
La bonne nouvelle, c’est que ce sujet gagne enfin l’attention qu’il mérite. Les professionnels de santé sont de plus en plus sensibilisés à ces enjeux et commencent à intégrer le sexe biologique dans les décisions thérapeutiques. L’objectif est clair : personnaliser au mieux les traitements, maximiser leur efficacité et réduire les effets secondaires.
Car au final, comprendre ces différences ne relève pas uniquement de la science. C’est aussi une question d’égalité et de précision dans les soins, afin que chaque patient reçoive un traitement réellement adapté à son profil biologique.
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