Elle ampute de plusieurs millions son budget dédié aux organisations multilatérales et à la coopération au développement (CI)*.
Au total, la Suisse va réduire de plus de 50 millions de francs son financement pour la coopération internationale (CI) pour la période 2026, s’ajoutant ainsi aux 431 millions déjà coupés pour la période 2025-2028. Dans le même temps, le pays semble pourtant prêt à s’armer massivement, augmentant ses dépenses militaires de 4 milliards de francs entre 2025 et 2028. Une situation qui soulève de nombreux débats.
Malheureusement, la décision de la Suisse n’est pas isolée. D’autres pays, membres de la CI, ont également choisi de se retirer, notamment du secteur de la santé. Cette décision paraît presque paradoxale, surtout lorsqu’on se réfère au document officiel de la Stratégie de coopération internationale 2025-2028 de la Suisse, qui stipule : « […] Il est compréhensible que les États s’attachent à renforcer leur sécurité et leur défense. Mais la sécurité seule ne suffit pas. […] L’aide humanitaire et la promotion de la paix sont plus que jamais nécessaires. »
Cette contradiction entre sécurité nationale et solidarité internationale laisse de nombreuses organisations humanitaires sans voix. En effet, ces coupes budgétaires tendent à occulter les situations d’urgence qui frappent de nombreuses régions du monde, qu’il s’agisse de pauvreté, de famine ou de misère.
Nombreuses sont les organisations qui œuvrent sans relâche pour apporter de l’aide et du soutien aux plus démunis. Mais comment faire face à des décisions étatiques si lourdes ? Ce retrait des financements publics met en péril des projets vitaux pour des millions de personnes.
Cette situation rappelle une fois de plus – et tristement – l’importance du travail des organisations telles que Swissaid, le WWF, Médecins Sans Frontières et bien d’autres encore, dont l’engagement est indispensable. Bien que la sensibilisation à ces enjeux soit plus accessible que jamais grâce à l’information numérique, il semble que cela ne suffise pas à convaincre les décideurs politiques de l’urgence et de la nécessité de maintenir une coopération internationale forte.
Cette réduction drastique des financements fragilise non seulement l’engagement de la Suisse envers ses partenaires internationaux, mais elle compromet également la capacité des organisations humanitaires et des institutions multilatérales, telles que l’ONU ou le CICR, à répondre aux crises urgentes. En réduisant son soutien à la coopération internationale, la Suisse met en péril non seulement son rôle de leader dans la Genève internationale**, mais aussi l’efficacité des actions multilatérales, essentielles face à l’aggravation de la pauvreté, des conflits et du changement climatique. Il est crucial que la Suisse, en tant que pays hôte de ces institutions, continue à investir dans des solutions durables et dans l’accompagnement des populations les plus vulnérables.
*La stratégie de coopération internationale de la Suisse vise à réduire la pauvreté, promouvoir un développement durable et renforcer les capacités des pays en développement, à travers des projets bilatéraux et multilatéraux dans des domaines comme la santé, l’éducation et le changement climatique.
**La Genève internationale désigne l’ensemble des organisations et institutions basées à Genève, qui jouent un rôle clé dans la diplomatie, la coopération internationale, les droits humains et l’aide humanitaire à l’échelle mondiale.
Quelques liens utiles pour en apprendre davantage :
Stratégie de coopération internationale 2025-2028
La coopération internationale, une fois de plus instrumentalisée par la politique financière – Swis…