Faim dans le monde : des progrès encore fragiles

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En 2025, c’était la troisième année consécutive que la faim dans le monde diminuait. Entre 2022 et 2025, environ 43 millions de personnes sont sorties de la sous-alimentation. Malgré cette évolution positive, les disparités restent importantes. Alors que l’Asie et l’Amérique latine enregistrent des progrès notables, la situation en Afrique peine à s’améliorer et se stabilise à peine.

À l’échelle mondiale, près d’un quart de la population a connu une forme d’insécurité alimentaire en 2025, qu’il s’agisse de devoir réduire la qualité des repas, en diminuer la quantité ou renoncer à certains aliments. Ce chiffre est en baisse, mais il demeure nettement supérieur au niveau observé avant la pandémie de Covid-19.

 

Les inégalités régionales sont particulièrement frappantes. En Afrique, plus de 56 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire, contre un peu plus de 20 % en Asie. Le lieu de vie et le genre influencent également le risque de souffrir de la faim puisque les populations rurales et les femmes sont davantage touchées.

 

Le rapport The State of Food Security and Nutrition in the World 2026 (SOFI) présente également des projections pour 2030. D’ici quatre ans, entre 510 et 520 millions de personnes pourraient encore être confrontées à la faim, malgré une baisse estimée de près de 20 % par rapport aux niveaux actuels. Ces prévisions restent toutefois prudentes puisqu’elles ne tiennent pas compte d’éventuels chocs majeurs, comme des catastrophes climatiques, de nouveaux conflits ou d’autres crises économiques.

 

Publié chaque année par plusieurs agences des Nations Unies (notamment l’UNICEF, l’OMS et la FAO), le rapport SOFI dresse un état des lieux mondial de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Il identifie également les principaux facteurs qui freinent les progrès. Cette année, les auteurs mettent en avant trois défis majeurs :

  • les conflits, notamment au Moyen-Orient
  • la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes
  • la diminution de l’aide publique au développement et des financements humanitaires

Malgré cette amélioration, les progrès restent trop lents pour atteindre les engagements internationaux fixés pour 2030. Parmi ces objectifs figurent notamment l’élimination de la faim (ODD n° 2) ainsi que la réduction du retard de croissance et de l’émaciation chez les enfants.

 

L’un des principaux obstacles reste le coût d’une alimentation saine. Selon le rapport SOFI, son coût moyen mondial atteint désormais 4,28 dollars par personne et par jour (en parité de pouvoir d’achat), contre 2,90 dollars en 2017. Cette hausse représente un frein considérable, en particulier dans les régions où le pouvoir d’achat est limité.

 

Pour rendre une alimentation saine plus accessible, il est nécessaire d’agir sur l’ensemble de la chaîne agroalimentaire. Aujourd’hui, entre 70 et 75 % du prix payé par les consommateurs provient des étapes qui suivent la production agricole (transport, transformation, stockage, etc.). Investir dans des infrastructures plus efficaces, limiter les pertes alimentaires, soutenir les producteurs et développer des pratiques agricoles durables permettrait de réduire les coûts, d’améliorer la qualité nutritionnelle des aliments et de renforcer la résilience des systèmes alimentaires face aux crises climatiques et économiques.

 

Si les chiffres de 2025 montrent que la lutte contre la faim progresse, ils rappellent aussi que ces avancées restent fragiles et très inégales selon les régions du monde. Sans investissements durables, coopération internationale et politiques adaptées, l’objectif d’éradiquer la faim d’ici 2030 restera hors d’atteinte. Les progrès sont réels, mais ils doivent désormais s’accélérer.

 

L’article complet de l’UNICEF est disponible ici.