Le milieu familial – un facteur déterminant pour la réussite des enfants en Suisse

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Le dernier Bilan Innocenti 20 de l’UNICEF, une étude portant sur 44 pays à hauts revenus membres de l’OCDE, dresse un constat qui interpelle : en Suisse, les chances éducatives d’un enfant sont encore fortement conditionnées par le milieu dans lequel il grandit.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En matière de réussite scolaire, 91% des jeunes issus de milieux favorisés atteignent les compétences de base*, contre seulement 46% pour ceux qui viennent de familles défavorisées. Un écart considérable qui place la Suisse parmi les pays affichant les plus fortes disparités de performance scolaire.

 

Mais ces inégalités ne s’arrêtent pas à la de classe. Les jeunes issus de ménages à faibles revenus se déclarent moins souvent très satisfaits de leur vie. Leurs habitudes alimentaires varient également selon le statut social de leur famille. C’est donc tout un équilibre, scolaire, émotionnel et physique, qui se trouve fragilisé dès le plus jeune âge.

 

Ce que ce rapport met en lumière avec force, c’est un paradoxe suisse : le pays excelle dans la protection contre les situations de grande précarité matérielle, mais peine à agir en profondeur sur les inégalités de départ liées à l’origine sociale. Autrement dit, la Suisse protège, mais n’égalise pas vraiment. Et cette réalité s’est aggravée ces dernières années. La pauvreté des enfants et les inégalités de revenus ont augmenté de plus de 10% en Suisse au cours des dix dernières années, l’une des hausses les plus marquées parmi les pays de l’OCDE.

 

Être un pays à revenu élevé ne suffit donc pas à garantir l’équité. Beaucoup d’enfants en Suisse grandissent avec des chances inégales, et la Suisse est loin d’être un cas isolé.

Ce qui est à retenir :

 

En Suisse, naître dans une famille défavorisée réduit les chances d’atteindre les compétences scolaires de base. Ce n’est pas une fatalité — c’est un problème qui a des solutions. Chaque enfant mérite de partir avec les mêmes chances. Les constats sont là, les signaux d’alarme aussi. Il reste maintenant à transformer la prise de conscience en mesures concrètes.

Pour découvrir l’article complet de l’UNICEF, c’est par ici.

*Les compétences de base sont les acquis minimaux que tous les élèves suisses doivent atteindre en langue de scolarisation, langues étrangères, mathématiques et sciences naturelles, à trois moments clés de leur scolarité obligatoire.